Classiquement, c'est Dracula... Pourtant le mythe du vampirisme est infiniment riche de significations et de manifestations diverses. Par exemple, dans "Tristan & Yseult", certaines versions de ce roman en prose du XIII e siècle insistent sur le fait que Tristan s'affaiblit chaque fin de mois et ne pourrait survivre si il n'avait de rapports charnels avec Yseult... 
Dans le Folklore d'Europe centrale et orientale, le vampire est un homme mort dont le corps ne se décompose pas et qui sort la nuit pour sucer le sang des vivants... 
En raison de la valeur symbolique du sang, le vampire désigne une créature s'appropriant à des fins égoïstes ce qui appartient à un autre, fluide ou énergie... 

Le mot d'origine slave (serbe; vampir), voire russe: oupyr a la même racine que le grec "pteron": l'aile. 
De fait, il existe dans la tradition roumaine des oiseaux-démons: les "Strigoï" équivalents des "Stryges" gréco-romaines dont l'origine est "Strô" = étendre, déployer... référence explicite aux ailes de l'oiseau.
Dans certaines régions des Balkans, on trouve le terme de "Vukodlak" ou "Brukolake" dont la racine grecque est "brûko" = mordre.

C'est donc un personnage historique, Vlad Tepes, qui à fourni l'inspiration à Stoker de son vampire typique, à savoir le comte Dracula.

Voici les plus connus :

Vlad IV, souverain de Valachie, était donc un "Voevod" (ou voïvod) c'est-à-dire un prince (et non un comte...) qui vécut entre 1430 et 1477. 
Il s'illustra notamment pour sa ferveur à chasser les turcs de cette région d'Europe centrale et pour la cruauté dont il était capable envers ses ennemis: une anecdote célèbre raconte qu'il fit clouer sur leur tête le couvre-chef de 2 ambassadeurs venus lui rendre visite parce que, observant une coutume de leur pays, ils ne s'était pas découvert devant lui...
Il était également réputé pour son inventivité dans la torture, son supplice favori étant celui du pal... Il fût rapidement surnommé Vlad Tepes: "l'empaleur"... Ses armées étaient redoutables car elles le craignaient plus que les ennemis à affronter: en effet, il promettait régulièrement à ses soldats d'être "empalés par le fondement" si ils ne gagnaient pas la bataille... Il prenait alors une centaine d'entre eux au hasard pour illustrer ce qu'il venait de dire... 

Il fût aussi connu sous le nom de Vlad Drakula. En fait, c'était un titre: il appartenait à un ordre chevaleresque, l'Ordre du Dragon (grec: Drakôn). En Roumanie (et encore dans certaines provinces françaises...) le Drac est l'appellation du Diable et dans de nombreuses civilisations, le Dragon incarne le Mal Absolu. 

Vlad Tepes (dit "l'empaleur") ou "Dracula" (dragon ou diable) : Vlad Tepes appartenait à la dynastie de Valachie, les Basarab. La Valachie et la Transylvanie étaient délimitées par les Carpates méridionales, le Bas-Danube et la mer Noire. Comme prince gouvernant, la Transylvanie avait à sa tête un voïvode. Deux États opposés régnaient alors en Transylvanie et en Valachie, la Hongrie chrétienne et l'Empire Ottoman. Dans ces conditions, la Valachie subit tout au long du XVe siècle les guerres turco-hongroises.

Vlad II Dracul (le diable) réussit à obtenir le trône de Valachie en 1436. C'est en 1430 qu'il eut son second fils, Vlad, plus connu sous le sobriquet de Dracula. Sa mère était vraisemblablement une dame de la noblesse hongroise. Ce fut avec l'aide de Jean Hunyadi, l'assassin de son père, que Vlad Tepes, appuyé aussi par un parti de Bojare, occupa le trône Valaque en août 1456 lors d'une campagne où son père Vladislav II trouva la mort.

Le surnom de "l'Empaleur" était né des atrocités commises par le Prince voïvode. Dans ses conquêtes de nouvelles terres, Vlad Tepes avait mené de nombreuses campagnes militaires (en particulier contre les Turcs), se débarrassant de ses ennemis en les empalant vivants sur des pieux. On raconte qu'il prenait ensuite un plaisir sans retenue à faire le récit du spectacle morbide du pal et qu'il aimait se nourrir au milieu des victimes agonisant sur les pieux. (on ne sait si c'est véridique, mais de nombreuses histoires russes relatent les faits ainsi) En 1476 après plusieurs années de règne Vlad Dracula est tué sans que l'on sache exactement qui est à l'origine de sa chute (on raconte que c'est son propre camps, le prenant pour un Turc, qui lui infligea la mort). Il est décapité et sa tête est plantée à l'extrémité d'une pique. Son corps est enterré au couvent de Snagov. Au début de notre siècle, sa tombe est ouverte et, à la surprise générale, elle se révèle vide. La légende rejoint ainsi le personnage créé par Bram Stoker, car quelques années plus tard, d'inquiétantes rumeurs commencent à se répandre en Transylvanie. On raconte que Vlad Tepes aurait quitté sa tombe et rôderait chaque nuit en quête de proies vivantes, s'abreuvant de leur sang. Le temps passant, les rumeurs nées en Transylvanie se sont étendues dans tous les pays ...

Erzsébet Bathory (dit "la comtesse sanglante") : Le procès de la comtesse Erzsébet Bathory, en 1611, prend place en Hongrie. Celle-ci est accusé d'avoir fait enlever et saigner comme des animaux de boucherie de jeunes filles qui habitaient dans les villages aux alentours de son château de Csejthe, situé au sommet d'une colline dans la région montagneuse de la Hongrie proche des Carpates. Le nombre de victimes se situait entre 80 et 300. Comme dans le cas de Gilles de Rais, il n'y a rien de surnaturel dans cette affaire : personne n'a affirmé que la comtesse Bathory était une morte-vivante, mais toutes les chroniques s'accordent à dire qu'elle prenait un vif plaisir à boire le sang de ses victimes et même à en remplir sa baignoire, dans le but de préserver le plus longtemps possible sa jeunesse et sa beauté. Lorsque débute cette tragique histoire, Erzsébet est l'épouse délaissée du comte Ferenez Nadasdy, soldat réputé pour sa bravoure. Son mari étant toujours parti livrer bataille, Erzsébet, pour tromper son ennui, s'initie à la magie noire, grâce à Thorko, un serviteur qui va devenir son âme damnée, et commence à faire enlever et à torturer quelques jeunes paysannes.

Après la mort de son mari en 1600, Erzsébet peut s'adonner librement à ses coupables activités, aidée par Thorko ainsi que par sa nourrice Ilona Joo, son majordome Johannes Ujvary et une sorcière nommée Darvula. Pendant dix ans, des dizaines de jeunes filles, enchaînées"nées dans les cachots du château, seront torturées avec raffinement et saignées à mort. Devant le nombre impressionnant de disparitions de jeunes femmes dans la région, des rumeurs se répandent et, pour y mettre fin le comte Gyorgy Thurso, cousin d'Ezsébet, à la tête d'une compagnie de soldats et de gendarmes, investit le château au moment même ou se déroule l'une de ces orgies sanglantes. Outre des cadavres de jeunes femmes, on découvre dans les cachots souterrains des prisonnières encore vivantes, dont le corps a été lardé de milliers de piqûres d'aiguille. Sauvée de la peine capitale grâce à ses liens de parenté avec la famille royale, la comtesse sera gardée en captivité jusqu'à sa mort dans sa propre chambre dont on mure les fenêtres et la porte en ne laissant qu'un étroit interstice pour lui passer les plats, tandis que ses complices seront tous exécutés. Le château étant demeuré à l'abandon après la mort de la comtesse, l'endroit restera longtemps maudit.

   L'affaire Bathory a contribué à répandre dans la région toutes sortes de rumeurs et de légendes selon lesquelles la comtesse aurait continué, après sa mort, à se livrer à ses débauches sanglantes, devenant ainsi un vampire au sens propre du terme. Erzsébet Bathory inspire encore de nos jours toutes sortes de films et de romans dont le titre le plus rapprochant semble être celui de "Carmilla".

Gilles de Rais : Presque toutes les variétés de crimes de sorcellerie se retrouvent chez Gilles de Rais (1400-1440) : impiété, blasphèmes, sacrilèges, adoration du diable, sacrifices d'enfants ... Compagnon de Jeanne d'Arc il donne libre cours à ses désirs sans que personne ne le remarque ... jusqu'à l'exécution de sa compagne d'arme. Dû à ses dépenses excessives pour transformer le métal en or (arnaques de toutes sortes, charlatanisme...) et désespéré de ne pouvoir trouver un alchimiste digne de ce nom pour pouvoir combler ses colossales dettes, Gilles de Rais fait la connaissance grâce à Eustache Blanchet, moine défroqué, de François Prelati, qui lui révéla que pour obtenir l'appui efficace du Démon Barron il doit lui donner son âme ou commettre des crimes. Il choisis les crimes. La première victime fut un jeune garçon ; il l'égorgea et porta son sang, sa main, ses yeux et son cour à Prélatin pour les offrir au Diable. Dès lors les massacres de pauvres victimes ne cessèrent pas. Pendant huit ans il fera périr dans d'atroces tortures quelque trois cents enfants (avoués : 30). Le personnage de Gilles de Rais, qui correspond plutôt à l'image de l'ogre ou du Barbe-bleue légendaire, est néanmoins souvent cité comme un vampire historique, du à ses méfaits particulièrement pervers et sanglants.

Arnold : L'affaire d'Arnold Parole vers 1726, consignée par le Vis et Repercer de Johanne Flückinger (1732) a véritablement fait connaître le vampire dans toute l'Europe occidentale :

   "Ayant entendu dire à plusieurs reprises que dans le village de Medwegya, en Serbie, les soi-disant vampires faisaient mourir un grand nombre de personnes en leur suçant le sang, j'ai reçu l'ordre d'enquêter avec l'appui d'officiers et de deux Unterfeldscherer. Il y a environ cinq ans un Heiduque du pays, nommé Arnold Parole, se brisa le cou en tombant d'une charrette de foin ; ledit Arnold Parole aurait raconté à plusieurs reprises au cours des années précédentes avoir été victime d'un vampire près de Cassowa, dans la Perse Turque. C'est pourquoi il aurait lui-même mangé de la terre dans la tombe d'un vampire, se serait frotté du sang de celui-ci afin (comme il est courant) de se libérer de son action maléfique. Pourtant, vingt ou trente jours après sa mort, des gens se plaignirent que le nommé Arnold Parole venait les tourmenter et qu'il avait fait mourir quatre personnes. Pour mettre fin à ce danger, le Heiduque conseilla aux habitants de déterrer le vampire, ce qui fut fait et on le trouva en parfait état de conservation, les chairs non décomposées, les yeux injectés de sang frais qui lui sortait également par les oreilles et par le nez, salissant sa chemise et son linceul. Les ongles de ses mains et de ses pieds s'étaient détachées et d'autres repoussaient à leur place, d'où l'on conclut qu'il était un archi-vampire. Aussi, selon la coutume de là-bas, on lui enfonça un pieu à travers le coeur. Mais tant qu'on se livrait à cette action : Il poussa un grand cri et une forte quantité de sang jailli de son corps. On brûla celui-ci le jour même et les cendres furent jetées dans le tombeau. Mais les gens prétendent là-bas que tous ceux qui sont victimes d'un vampire en mourant le deviennent à leur tour. C'est pourquoi il fut décidé d'exécuter de la même manière les quatre corps cités ci-dessus. L'affaire ne s'arrêta pas là, car on était persuadé que ledit Arnold Parole avait attaqué non seulement des gens mais aussi du bétail."

Peter Plogojowitz : En 1725, les cadavres retrouvés dans le village de Kislova en Slovénie firent na"naître de bien nombreuses questions. L'armée fut même sollicitée pour intervenir face à une panique partagée entre tous les villageois. L'affaire commença avec la mort naturelle de Peter Plogojowitz à soixante-deux ans. Un de ses voisins fut retrouvé mort la nuit suivante, vidé de son sang; une trace de morsure marquait son cou. Chaque soir, on retrouvait une victime dans le voisinage de Peter Plogojowitz morte dans les mêmes circonstances. On compta neuf victimes dans le village. L'idée qu'un vampire sévissait parmi les vivants traversa l'esprit des habitants de KislovaÊ; pour s'en assurer, le capitaine du détachement envoyé au village décida d'ouvrir la tombe de Plogojowitz. On découvrit son corps couvert de sang, ses yeux paraissant être ceux d'un vivant. Le capitaine s'empara d'un pieu qu'il enfonça dans le coeur du cadavre; ce dernier fut ensuite incinéré.
Kuno Hoffman (dit "le vampire de Nuremberg") : Nécrophile sadique buveur de sang né en 1932. Il s'acharna d'abord sur des tombes d'où il déterrait des femmes récemment inhumées pour leur ouvrir la gorge et boire leur sang, avant de tuer un jeune couple en 1972 sur lequel il se livra au même rituel sanglant ...

 Peter Kürten (dit "le vampire de Düsseldorf") : Peter Kürten a servi de modèle au cinéaste Fritz Lang pour son film "M. le maudit".

   Citoyen à l'allure respectable, toujours impeccablement vêtu, Kürten est issu d'un père alcoolique, brutal et incestueux. Très jeune, il déserte son travail à l'usine et se lance dans la délinquance. C'est en 1913, à vingt ans, qu'il commence sa série de meurtres sadiques. Après son premier crime, il se marie, retrouve du travail et vit bourgeoisement, comme un citoyen respectable. En 1929, il avait déjà réussi à semer la panique dans la ville, par ses crimes qui se suivaient à une cadence rapide. Ses victimes sont des femmes et de très jeunes filles, parfois des hommes. Le nombre de ses crimes n'a jamais pu être précisé. Ce qui caractérise le tueur, c'est la cruauté bestiale de ses agissements. Il égorge, viole, accomplit des mutilations immondes. Inspiré, il envoie à la police un poème de qualité discutable, où il indique le véritable lieu servant de sépulture à sa dernière victime. Les experts constateront qu'il y a eu acte de vampirisme. Les crimes continuent, avec le même rituel. Son apparente respectabilité le tient à l'écart de tous soupçons. C'est grâce à une fille qui se souvenait de l'adresse où il l'a invitée à "prendre le thé" et qui n'a pas subi le sort de toutes les autres qu'il fut finalement arrêté. On se demande encore pourquoi Kürten a laissé en vie Maria Budlich après l'avoir violée, se contentant de lui faire jurer de garder le silence. En réalité, elle ne l'avait jamais dénoncé, elle n'a fait que raconter par écrit sa mésaventure à une amie. La lettre tomba dans les mains d'une parente de la destinataire, qui alerta la police. En 1930, il fut arrêté. Ses avocats plaidèrent l'irresponsabilité. Lui-même invoqua la contrainte exercée par une force démoniaque. Il fut quand même condamné pour neuf meurtres, trois viols et sept tentatives de meurtres. C'est tout ce que l'accusation a réussi à prouver, malgré le nombre de victimes apprécié à beaucoup plus. Kürten fut guillotiné en 1931.

Alexander Cepesi , gourou d'une secte, est arrêté à Istanbul dans les années 1970. Cette secte réunissait deux fois par semaine des vampires qui occupaient leurs soirées à boire du sang humain et à se complaire dans des orgies. Une banque du sang a été créée selon leurs besoins, dans laquelle ils pouvaient se servir comme ils le désiraient. Alexander Cepesi déclarait être le descendant de Vlad IV Dracula, ce qui lui attira bien entendu tout le respect des adeptes de la secte. Une nuit qu'ils se rendirent à la source, ils assassinèrent une jeune fille dont la mort fît intervenir la police qui enquêta. Les recherches judiciaires menèrent jusqu'aux responsables qui furent inculpés ...